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Lettres de coeur

depuis Mogador

De la terre et des hommes | 10 février 2007

                La poterie la plus réputée au Maroc...

                        celle de SAFI...j' adore !

   Des trous de lumière sous forme d' étoiles et de lunes...
                                                      une poésie qui fait craquer !

 

Publié par little stella à 12:05:02 dans Radio médina | Commentaires (4) |

Nettoyage de printemps | 09 février 2007

                  


Hier matin, j' ai voulu faire un tour sur ma terrasse pour voir si le maçon avait bien rempli de ciment le pied du parasol.
Trois étages à grimper...dans l' inondation la plus totale !!
Une eau savonneuse se déversait dans les escaliers à gros bouillons.
Affolement immédiat. Ma voisine devait avoir oublié de fermer les robinets de sa baignoire...à moins que ce ne soit sa machine à laver...
Je retrousse le jean, monte en cigogne et arrive péniblement devant sa porte.
Je frappe assez fort, j' appelle ...
Madame...ouvrez s' il vous plaît !...
Un petit homme gris, en jogging, apparaît. Je lui dis dans ma confusion :
Vous avez un problème de fuite ? L' eau coule jusqu' en bas ...
- Non, on fi li minage...ah...ah.. ! ( il se marrait )
- Ah bon...excusez-moi...
Il a refermé sa porte et je m' en suis retournée sur la pointe des pieds, évitant de justesse de me retrouver en bas plus vite que je n' étais montée !
Bigre ! C' était un sacré ménage !! L' eau ruisselait sur deux étages et passait maintenant sous la porte de la montée pour terminer dans la rue .
La chasse au gaspi...ici...on ne connaît pas. Faudra quand même que je prenne au plus vite une assurance multirisque habitation.

            Quand à la désertification du pays, j' veux plus en entendre parler !


 

Publié par little stella à 12:47:40 dans Radio médina | Commentaires (4) |

Inch-Allah ! | 05 février 2007

                  


C' est ainsi que de nombreuses phrases se terminent...chez un commerçant, entre amis ou en famille.
On peut traduire cette expression par « Si Dieu le veut », à croire que tout musulman s' en remet toujours au Créateur, pour l' impondérable.
« Inch-Allah » pourrait donc se traduire aussi par « s'il n'y a pas d' imprévu »...
Quoi de plus libérateur que de remettre son sort dans les mains du Destin.
On frise l' irresponsabilité, penseraient certains.
Et pourtant, d' après les psychologues modernes, ce fatalisme semblerait avoir bien des avantages : pas de stress, pas d' obésité ni de maladies cardio-vasculaires.
La prédestination fait partie de ces choses que nombre d' occidentaux considèrent comme ridicules. Ils parlent plutôt de Hasard alors que les orientaux, eux, sont convaincus que tout a été écrit à l' avance sur le « Manuscrit des Etoiles », nos joies, nos peines, nos amours, l' heure de notre naissance et de notre mort.
Mektoub ! Mais il s' agit avant tout d' honorer le prophète...
« Le prophète a dit : Dieu a proposé aux matrices un ange qui dira : « Seigneur, une goutte de sperme ; Seigneur un caillot de sang ; Seigneur un morceau de chair. »
Puis quand Dieu voudra terminer la création, l' ange dira : « Seigneur, un garçon ; une fille ; un malheureux ; un heureux. Quelle sera sa subsistance ? Quel sera le terme de sa vie ?
Tout cela sera inscrit tandis qu' il sera dans le ventre de la mère. »

                            HADITH tiré de : « Le livre des Sagesses d' Orient » de Gilbert Sinoué


 

Publié par little stella à 15:30:59 dans Radio médina | Commentaires (8) |

L' étrange au service de l'utile | 03 février 2007

                       


                        ( Entre ciel et mer...Essaouira ou l' ancienne Mogador ! ) 


Chaque jour, une ou plusieurs démarches importantes à réaliser pour avoir le confort minimum.
L' attente la plus longue aura été celle de...mon compteur électrique !
Deux semaines à vivre avec l' électricité du voisin, à travers des fils qui descendaient de ses fenêtres jusqu' à mon appartement...
Deux semaines à maudire la lenteur de l' officier qui avait enregistré ma demande et le bakchich que j' avais oublié de lui donner pour faire avancer les choses.
Lors d' une dernière relance à l' Office National de l' Electricité et alors que je traversais la ville, j' aperçus des dizaines de rouleaux de nattes entreposés debout, un peu partout, tout autour et au milieu d' une grande place...
Isham...c' est le marché aux nattes ?
Je fis sourire mon ami, au volant de son 4x4...Mon ignorance l' amusait...
- Non, c' est la prière pour la pluie !
- Et...ça marche ?
Je remarquai une petite vexation dans son regard noir.
Moi, l' européenne, au scepticisme bien ancré, je venais subitement d' être confrontée à une culture différente, à des pratiques religieuses étonnantes...
- Il faut croire que oui, s' ils le font !
Je n' insistai pas. Notre conversation nous entraîna très vite sur d' autres préoccupations, nettement moins spirituelles, mais, tout de même, je ne voulais rien oublier de ce que je venais de comprendre.
Trois jours après, un samedi matin, en ouvrant la porte de mon patio, je remarquai avec surprise que le sol était mouillé...
                                                 Oui...il avait plu !


 

Publié par little stella à 15:09:20 dans Radio médina | Commentaires (4) |

Invitation à Chichaoua | 01 février 2007

                



Ce 6 janvier 2OO7, mon boeing s' était posé sur l' aéroport de Marrakech avec presque deux heures de retard.
Il était quinze heures trente, heure locale, et je pensais à Ahmed, le chauffeur de l' hôtel, chargé de me récupérer...
Juste après les dernières formalités de police, je m' engageai vers la sortie des voyageurs et je le vis...tout de suite...une grande pancarte portant mon nom sur le devant de sa poitrine.
Brave Ahmed, il m' attendait depuis trois heures, planté là, debout, sans la moindre possibilité d' aller se rafraîchir. J' étais gênée , confondue en excuses, mais sa joie de me voir enfin arrivée suffit à dissiper le malaise.
Il se chargea de mes bagages et m' invita à monter dans son minibus gris métallisé, flambant neuf...Je sentais qu' il en était très fier...
« Ahmed, tu as gagné au loto ? »
Il éclata de rire , bien embêté de poursuivre en français et moi bien incapable de prononcer le moindre mot en marocain.
Marrakech affichait vingt-quatre degrés et ses parterres de roses bien entretenus me ravissaient. Les façades ocres défilaient... La vie se poursuivait normalement, ici aussi, à vélo, à pied, en charrette ou en voiture, dans un désordre parfois cocasse.
Au bout d' une heure, la route devint plus désertique, prit des allures de steppe.
Quelques troupeaux de chèvres allaient au gré d' une herbe maigre, éparse, invisible même...
« Bienvinou...Medam... » Ahmed n' était pas avare de politesse et d' affabilité à mon égard. Il répéta ces deux mots une bonne dizaine de fois. Je répondais toujours de mon plus beau sourire. Puis il poursuivit sur une chaîne sonore incompréhensible qui se termina par « tajine ».
Je compris que mon homme mourait de faim et l' encourageai bien sûr à s' alimenter au plus vite.
Le minibus arrivait sur la commune de Chichaoua. Il s' arrêta sur le parking d' un petit restaurant. Je suivis Ahmed jusqu' à une table. A peine assise, il me fit comprendre qu' il fallait aller me laver les mains avant de manger, ce que je fis sans hésiter, dans les toilettes toutes proches.
Lui, prit son temps...Je le vis s' asperger le visage et l' entendis même cracher bruyamment dans le lavabo...Puis il revint s' asseoir près de moi, après avoir commandé.
On nous apporta un seul tajine encore tout fumant. Pommes de terre et petits pois frais entouraient un bon carré d' agneau. Pas de fourchettes ni de coûteaux... Ahmed déchira la galette de pain qu' il trempa dans la sauce et m' invita à en faire autant. Aussi affamée que lui, j' appréciais tout, c' était délicieux.
Ses doigts découpaient la viande et me présentaient les meilleurs morceaux. Je m' interdisais de m' arrêter sur ces détails de convenance, ne voulant retenir que la gentillesse que je recevais. Je n' étais plus en France. Ici on mangeait différemment, avec d' autres règles d' hygiène, point barre.
Ma tolérance allait être mise à rude épreuve...
Sitôt rassasié, Ahmed émit quelques rots. Au début, je fis mine de ne rien entendre puis une forte envie de pouffer me coupa net l' appétit. J' avais à côté de moi, un pétoman du gosier qui renvoyait les gaz de son estomac avec une telle aisance que je n' avais pas d' autre choix que de laisser faire. Je m' imaginais avec quelques unes de mes amies françaises dans la même situation...nous nous aurions fait des bosses de fou- rire !
Le repas se termina par le même rituel : lavage minutieux des mains avec une poudre qui nous était proposée à l' entrée des toilettes collectives, rinçage de la bouche pour Ahmed et crachages répétés.
Finalement, s' il n' avait pas roté aussi longtemps, Ahmed aurait été un homme presque parfait.
Je sentais déjà toutes les difficultés de ma transplantation.
Et le minibus repartit vers Essaouira, avec... un petit moins d' enchantement pour sa passagère.
Elle qui s' était levée aux aurores, la fatigue du voyage allait l' enfermer dans un mutisme très peu philosophique, mais récupérateur.
Elle dit simplement : la prochaine fois Ahmed, c' est moi qui t' inviterai !


 

Publié par little stella à 15:08:16 dans Radio médina | Commentaires (4) |

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