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Lettres de coeur

depuis Mogador

Rien que du plaisir... | 03 janvier 2008

                     

                    Pour bien commencer cette nouvelle année...

          je me suis offert un massage berbère...vous connaissez ?

                    Alors pour vous aider à imaginer, quelques mots-clés ...

Ambiance magique des bougies, odeur d' encens, musique douce arabo-andalouse, infusion de camomille, thym et thé vert, bain de pieds aux pétales de roses...

Masseuse charmante à la voix suave... « ça va la pression ? »...aux petites mains qui allaient partout sur mon corps...

Frictions tendressse à l' huile d' argan, à la crème de citron...

Fusion des chairs, les miennes avec la paume de ses belles mouvantes, massages de professionnelle...latéraux, croisés, circulaires, tapotements, pincements sur le dos, les cuisses, les seins, le ventre, le visage...

                      Brumes sensuelles, orgasme sous-jascent...Reeelaaax !

 

                                        (Je crois que je vais prendre un abonnement !...)

 

Publié par little stella à 09:58:39 dans Radio médina | Commentaires (2) |

Babouch' Palace | 27 décembre 2007

        

 

               Pas la peine d' aller en Egypte...y' en a plein en Essaouira !

Si vous y mettez un pied, voire les deux, vous êtes foutu !

Prise de tête assurée !

Essayages multiples... en rose, en vert, en bleu, en rouge, en violet, en jaune fluo, en turquoise, en gris, en blanc, en orange...Toutes « zouina » (belles en marocain) comme dit Abdel.

Si vous trouvez votre pointure, c' est que vous êtes un chanceux. Prenez vite un billet de loterie .

Si vos pieds restent intacts après vingt quatre heures, ou si votre rouleau de sparadrap n' a pas servi, c' est bon, vous pouvez en acheter une deuxième paire les yeux fermés.

Enfin, si vous ne sentez pas monter autour de vous une odeur, comment dire, une odeur de musc à de l' urine mêlée, en un mot , une odeur de bique, alors là, deux fois bravo !

Vous avez eu du pif !

Moi, j' y ai renoncé. Paraît que z' y souis oun gazelle triiii difficil !


Publié par little stella à 23:01:11 dans Radio médina | Commentaires (2) |

L' Aïd El Kebir | 17 décembre 2007

         

Tout prochainement, dans trois jours exactement, le 21 décembre, presqu' en même temps que nos réjouissances de Noël... L' Aïd El Kebir !
Ce jour-là, j' éviterai de bronzer sur ma terrasse. Pas envie d' entendre les cris du sacrifice...
Des centaines de moutons égorgés, dépouillés, dépecés et ...mangés bien sûr !
Un rappel : L' Aïd el kebir signifie « la grande fête », une fête musulmane qui clôture la fin du pèlerinage à La Mecque.
On égorge le mouton le matin, après la prière, vers 8h 3O. Resterai au lit, moi...
Carotide coupée, le sang doit jaillir.
Le premier jour, on mange les abats et les côtelettes. Ensuite, la tête en couscous.
Certains commencent par l' épaule qui désossée, permet d' y lire l' avenir : tout concernant les récoltes, le bonheur des jeunes fille à marier... Finalement je préfère les cartes !
Ce qu' il y a de sûr, c' est qu' il faudra que je fasse des provisions car toutes les boutiques seront fermées durant plusieurs jours.
Pauvres moutons...pas à la fête eux ! Les traditions n' ont pas que du bon , mais nous français, nous avons aussi nos avatars : notre infâme foie gras qui martyrise des milliers d' oies et de canards et notre agneau pascal par exemple.
Il serait temps de devenir végétarienne, je crois...Mais je n'aurai pas beaucoup de mérite; le pays regorge de fruits et légumes incomparables !

                                          (J' ai tout fait pour vous éviter une image sanguinaire...)


 

Publié par little stella à 11:03:14 dans Radio médina | Commentaires (13) |

La cure de santé | 15 décembre 2007

     

Une fois par semaine, c' est la longue marche en bordure des plages, avec des amies.

 Le dimanche matin souvent, après avoir avalé un bon cocktail de jus d' oranges et de mandarines au Café de la Baie.
Pieds nus, panta court et casquette, le soleil déjà bien en place au-dessus de nos têtes.
Pas de coquillages sur les plages d' Essaouira. L' océan déverse ses déchets, ses bois flottés et ses algues...
Eternel mouvement de ressac, odeur marine qui nous comble d' iode.
Planchistes et wind-surfeurs s' adonnent à de périlleuses pirouettes tandis que quelques baigneurs téméraires luttent avec plaisir au milieu des rouleaux. Eau fraîche, bien trop fraîche pour moi , mais peu importe...
Pendant deux à trois heures, le visage balayé par des alizés tenaces mais vivifiants, nous avançons sur ce sable mouillé qui dessine ses ombres bleutées entre les vagues mourantes. Quelques chameliers attendent patiemment les touristes égarés pour les ramener à la civilisation, puis, plus rien.
Nos yeux se perdent à l' infini, entre les brumes du ciel, de la mer et des terres chaudes. Désertitude intemporelle, vide tangible... Là, nos bavardages s' arrêtent comme pour mieux partager les minutes d' extase. Le silence nous emplit jusqu' à la plus petite de nos cellules, l' heure présente devient méditation, contemplation de ces beautés africaines.
Puis le vent devenu plus fort, nous rappelle à la réalité. Saoules de trop d' oxygène, nous cherchons au plus vite, la dune qui nous abritera le temps du pique-nique. Le sandwich sera vite gobé. Il ne faudra plus traîner.
La tempête peut se lever d' un moment à l' autre. Nous pressons le pas...La marche devient plus lourde.
Le retour se fera avec du sable partout, dans les cheveux, les oreilles, la bouche, les yeux, mais c' est encore... notre sourire qui l' emportera !


Publié par little stella à 12:57:13 dans Radio médina | Commentaires (2) |

Ramdam dans l' atelier de couture | 07 décembre 2007

             

        Rien que des têtes cachées sous des foulards colorés...

des regards attentifs. L' entrée dans l' atelier nous intimida toutes les quatre.
Elles étaient là, les quarante élèves du cours de français ouvert bénévolement par Jacqueline, Brigitte et Josiane, dans la nouvelle ville d' Essaouira.
Embrassades, remerciements, gratitude mille fois exprimés, renouvelés. La gêne devenait palpable...
Tout avait été préparé avec tellement de minutie : les nappes brodées, les verres dorés, les beignets, les crêpes, les cakes et le magnifique gâteau-souvenir qui trônait dans sa crème pâtissière et sous ses copeaux de chocolat.
Je dois avouer que nous appréhendions un peu ce débordement de sucreries. Et pourtant, il a fallu faire honneur à tout ! Gavage inévitable mais... place à la fête !
Le thé fumant coulait à flots et les plateaux circulaient entre les tables. La température ambiante montait au rythme régulier d' une tarbouka. Les pieds frappaient la cadence, des femmes lançaient leur you-you à s' étrangler. Puis, les corps se lâchèrent...
Des hanches se balançaient, des fesses tressaillaient sous les djellabas, des mains dessinaient en l' air de savantes arabesques.
La danse enfiévrait ces musulmanes, la danse oeuvrait à la libération de ces femmes-enfants mariées très jeunes pour la plupart et déjà mères au foyer.
Analphabètes, bachelières, étudiantes, modélistes, brodeuses, couturières, employées de maison...avaient-elles assez ri, s' étaient-elles assez amusées avant de porter l' alliance ? Elles faisaient peine et en même temps plaisir à voir.
Quatre heures durant, c' est à dire tout un après-midi, elles avaient oublié le joug de leur famille, de leur mari, pour n' exister que par elles et pour elles, le temps d' un hommage, le temps d' un au revoir à leurs enseignantes.
Jacqueline, Brigitte et Josiane croulaient sous les cadeaux de reconnaissance : bijoux, babouches, écharpes, tableaux, petits coffrets de bois...L' émotion perlait aux yeux de tous.
Un avion pour la France devait les emporter quelques heures plus tard mais en attendant elles donnaient encore d' elles-mêmes et de leur tendresse.
Elles laisseraient un album-photos rempli d' instants précieux, de visages heureux et souriants.
Les dédicaces qu' elles signaient dans les cahiers en disaient long sur les liens d' affection qui s' étaient tissés au sein de cet atelier, en deux mois de travail. Un atelier qui avait d' ailleurs obtenu onze ans plus tôt, le premier micro-crédit du monde arabo-africain, mille dhirams ou cent euros !
Moi j' étais la quatrième relève...Un bref moment de doute m' envahit mais l' enthousiasme reprit le dessus.
La fête s' égrena dans la rue, avec des « bon voyage » qui n' en finissaient plus. La nuit tombait.
                          Je venais de vivre une communion d' âmes.

                                  Solange Arcamone

 

 

Publié par little stella à 01:58:57 dans Radio médina | Commentaires (2) |

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