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Lettres de coeur

depuis Mogador

Kaléidoscope souiri | 07 décembre 2009

...pour vous apporter les couleurs vibrantes d' ESSAOUIRA, "la bien dessinée", appelée aussi
la "cité des alizés".
Du port à la médina en finissant par le chemin des plages, royaume des dunes et des grandes solitudes...

 

port

 

Serrées comme des sardines, comment peuvent-elles sortir du port ? Mystère...










barques                                                                                 




 

 

                   Le regard plus rapproché de Francine Bernaert...


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
    Place Moulay Hassan face au port

 
                              place

                      des tons bien contrastés qui n' ont pas échappé à PICTURE2 !
                            Son blog : http://mogadorpicture.canalblog.com

                                                                                                                        
                   épices

                                        Les pyramides excitantes du souk à épices        

                   plage
                             
                    La plage d' Essaouira où les rouleaux de l' Atlantique déferlent avec une régularité
                    surprenante.

          
           chevaux
     


    ruines

 

 




 

 

Préfèrent-ils à leur promenade, regarder les surfeurs...devant le vieux fort éboulé qui fait la joie de tous les photographes ?

A moins que le vent ne souffle trop fort. Dans ce cas, autant aller boire un bon thé à la menthe, enfin pour moi !

                             

 

                   Le thé...doux comme le miel, mousseux comme l' amour, amer comme la vie...

 

Publié par little stella à 10:31:16 dans Radio médina | Commentaires (2) |

Un goût de fraternité | 18 novembre 2009

                      37873

 

De belles gambettes pour me remonter le moral, et  pour me souvenir aussi des talons que j’ aimais tant porter !

Désormais flanquée de deux béquilles d’un rescapé de la guerre de 14, je m’entraînais dans les couloirs de la clinique à cette nouvelle acrobatie d’unijambiste. Pas facile, pas facile…

J’avais hâte de retrouver mes pénates.
Le retour ou plutôt « ma livraison » se fit en fin d’après-midi le lendemain de mon hospitalisation, avec un  SAMU de circonstance bien entendu.

Deux heures avaient suffi pour rentrer sur Essaouira, alors qu’habituellement il fallait un peu plus de 3 heures pour parcourir les 174 km depuis Marrakech.

Autant dire que le véhicule (in)hospitalier n’avait pas traîné sur la route !
Pris d’une frénésie insoupçonnée, le chauffeur oublia très vite ma cheville fracturée. Il lança la sirène d’alarme, stridente, énervante, hérissante, insupportable et finalement ridicule.
Le break fou défiait la circulation, à la limite de l’embardée. A l’intérieur, je me cramponnais comme je pouvais au bastingage du brancard, la jambe résinée hoquetant dangereusement. Puis nausées, crampes, sueurs…j’étais à deux doigts du malaise. Et cette sirène...ah cette sirène...quelle plaie !
Près de moi, sur son siège rabattable, mon infirmière somnolait.

Un dernier virage enfin sur une voie défoncée et je compris que j’étais rendue à domicile.
La nuit venait de laisser tomber son voile sur Essaouira et sur ma fatigue.

Les jours qui suivirent m’apportèrent mille sollicitudes. Celles de mes amis français tout d’ abord.
Faut vous dire que les expatriés entretiennent entre eux des liens très forts. La famille étant loin, c’est l’amitié qui prend le dessus.

Mes plus proches voisins marocains eux, se chargèrent des repas : légumes frais, poisson et tajines continuaient à me rendre le sourire. Toutes les compétences se rassemblèrent autour de l’éclopée et toutes les gentillesses aussi.
Qui me faisait chaque jour ma piqûre d’anticoagulant, qui m’apportait du réconfort, des fleurs, des livres, du jus d’orange, qui m’invitait, qui me faisait des courses, qui venait me chercher en voiture pour ne pas manquer le couscous du vendredi au restaurant !
A la porte de la cyberboutique, on venait même me présenter le fauteuil roulant qui allait me conduire devant l’ordinateur libéré pour moi et qui allait me reconnecter à mes enfants.

Et  lorsque je pus enfin me rendre seule en médina, en taxi d’ abord puis toujours portée par mes béquilles de poilu,  il n’était pas rare d’entendre les commerçants me dire…
…fais attention…va doucement…mange beaucoup d’amandes…bois de l’huile d’argan…repose-toi, assieds-toi un moment sur ce tabouret…que Dieu te bénisse !

Une telle bienveillance voyez-vous, ne se trouve que dans les pays pauvres.
La misère, les maladies, les estropiés, les mauvais coups du destin, la grande nécessité, l’entraide indispensable pour survivre, ils connaissent cela par cœur.


Dans la même situation, j’imagine mal en effet les lyonnais de mon quartier ou de mon immeuble me renvoyer autant de familiarité et de chaleur.
Voilà pourquoi sans doute, je resterai à Essaouira encore longtemps, touchée par tant de simplicité et de générosité.

Mon pied blessé avait été soigné par un cardiologue, eh bien oui, c’était ça aussi la réactivité et la perspicacité marocaines.

                                                                                 Choukrane Bezef à tous !!

 

(Aujourd’hui et grâce encore à quelques soins de physiothérapie poursuivis en France, je marche normalement. Je retrouverai sous peu le soleil d’Essaouira…)

 

Publié par little stella à 00:05:09 dans Radio médina | Commentaires (4) |

Le diagnostic | 16 novembre 2009

(Un fétichisme de plus pour ceux qui s' ennuieraient à lire la suite...tiré de www.blogtdgas.com)

 

C’était pas le fauteuil de Bokassa mais bon, il roulait sûr dans le long corridor de la clinique, poussé par une jeune infirmière au foulard bleu clair. Même ici, les femmes marocaines et quelle que soit leur fonction, respectaient scrupuleusement leur religion.

C’est la jambe en l’air et en accent circonflexe que je pénétrai dans le bureau d’un médecin-chef. Première fois de ma vie que je me trouvais en situation si peu respectueuse d’une haute compétence médicale !

Il m’aida à me relever, me coucha précautionneusement sur un lit (ça c’était bien agréable…) et d’un doigté irremplaçable, me palpa la zone douloureuse.

Ses mains fines et blanches attouchaient, pressaient, recherchaient avec minutie l’impact de choc sur toute la surface de mon pied. Elles s’arrêtèrent infailliblement là où mes cris leur rappelèrent qu’elles étaient arrivées à l’ endroit le plus sensible.

« On va vous faire des radios…me dit-il… pour moi c’est une méchante entorse avec arrachement de ligaments…mais bon, on va vérifier. »

Retour sur le fauteuil et promenade à travers les étages de la clinique pour atteindre la pièce technique.
Dans l’obscurité ambiante, un long bras robotique prit deux clichés de mon pied.

Le diagnostic était imminent. J’allais enfin savoir.

Un bon croquis valant mieux qu’un long discours (ce n’est pas de moi mais de Napoléon Bonaparte…) j’essayais péniblement de lire sur l’écran lumineux ces masses grisâtres et fantomatiques…Je ne décelais rien,  qu’un faible dégoût de mon squelette dans la tombe !!!

Le médecin m’aida à y voir plus clair : « c’est bien ça, vous avez une entorse mais attendons l’avis du traumatologue. »
Traumatologue ou cardiologue ? J’ savais plus.

Au bout de quelques minutes, le grand spécialiste arriva avec tout son aréopage.
On recommença à m’articuler le pied, à me le désarticuler, à le basculer à droite, à gauche, et à me faire hurler.

Puis, cinglant comme une gifle bien envoyée, le verdict tomba :
« C’est une fracture ! En principe cet os situé sur le côté du tarse ne se brise jamais…(c’était bien ma veine !)

On va résiner pour 6 semaines et on vous hospitalise 48 H. Des questions ?
- Heu… non… Enfin si…c’est grave docteur ? »
Je me souvenais d’un proverbe chinois qui disait que celui qui ne posait aucune
question, resterait bête toute sa vie.

Mais mon grand spécialiste avait déjà tourné les talons et moi je restais bien dans ma bêtise. Et il me fallait croire ce thaumaturge sur paroles car il n’avait même pas pris la peine d’ examiner mes radiographies !


A partir de ce moment, une logistique implacable s’abattit sur moi.

Installation en chambre, déshabillage,  piqûre d’anticoagulant, mise sous perfusion dare-dare et prises de tension régulières.
Puis un paquet de bandelettes bleues arriva (décidément tous les accessoires étaient bleus ici !) et se vida sur mon pied. La résine mouillée et habilement entourée autour de ma jambe m’immobilisa d’une manière irréversible.

La bouteille d’anti-inflammatoires fit suite au sac de glucose et vice-versa. Mais le goutte à goutte marchait mal, ma jambe chauffait et… ma tête aussi.

« On doit être une œuvre d’art ou porter une œuvre d’art » écrivait Oscar Wilde dans ses Phrases et Philosophies.

Mon œuvre d’art à moi mesurait 51 cm de long, tirait sur le bleu des mers du sud mais restait rigide, lourde, inodore et insipide…beeerk …drôle de nuit orientale !

 

                                                                                (à suivre...)

 

 

Publié par little stella à 11:01:40 dans Radio médina | Commentaires (8) |

Aventure inhospitalière | 13 novembre 2009

En ce 18 octobre au soir et sans même avoir forcé sur l’alcool de figue, je m’étalai de tout mon long à vingt mètres de mon domicile.
La face dans le sable et la caillasse d’une rue laissée à l’abandon- comme on en  trouve si souvent encore à Essaouira- je me relevai honteuse de cette chute, les genoux douloureux, le nez et le menton rabottés, la cheville droite bien mal en point.

La compassion d’un automobiliste ne me fit même pas accepter son aide. Je rentrai chez moi en claudiquant lamentablement.

L’eau glacée et l’antidouleur avalés sans conviction ne firent aucun miracle. J’étais bel et bien handicapée !

Nuit pénible bien évidemment qui au petit matin me donnait des airs ahuris et me restituait la vérité toute crue : il fallait d’urgence me précipiter dans un grand centre de soins conventionné si possible.
Pas folle la guêpe qui ne pouvait plus voler mais qui monta dans le premier bus en partance pour Marrakech aux premières heures de la matinée.

Ma mutuelle m’orientait en fait sur une clinique de…cardiologie !
Diable, pourquoi pas ?

Avant de devenir cardiologue, un médecin ne s’est-il pas entraîné dans sa formation à soigner tous les maux, tous les bobos, tous les malaises ?

Confiante, j’entrai dans le service des urgences, au bras d’un charmant et jeune taximan qui me tenait fort par la main, portait avec bienveillance mon sac préparé la veille à la va-vite, me laissait bravement ses coordonnées pour une course-retour à la gare routière déjà bien assurée.

Salle d’accueil conviviale, réceptionniste affable qui s’empressa de me demander la raison de mon arrivée ainsi que mon incontournable carte vitale.

Je n’avais pas encore remarqué que l’on me dévisageait, moi l’unique européenne blondasse et fragilisée, désormais semblable à toutes ces femmes marocaines anonymes sous leur foulard bien épinglé, à tous ces hommes hagards ou mal ficelés, qui tout comme moi, restaient dans l’attente fiévreuse d’une prise en charge rapide et compétente.

Confortablement assise malgré ma douleur persistante au pied, j’eus le temps de m’informer sur la multiplicité des space maker existants à ce jour.

Près du bureau de réception, un immense poster étalait en effet les dernières performances technologiques en la matière. Et allez donc savoir pourquoi, je me sentis soudainement heureuse de me retrouver dans une clinique à la pointe du progrès !

Stimulateurs, piles, valves, défibrillateurs, sondes, câbles à électrons, je découvrais en quelques minutes l’univers palpitant des cardiaques. Certaines explications étaient même en français…

« 
Pour que le cœur pompe efficacement le sang, les milliers de cellules des oreillettes et des ventricules doivent se contracter simultanément. Cette étonnante coordination est déclenchée par une impulsion électrique. (Le cœur a donc son circuit électrique ? pas possible…)
Le chef d’orchestre est le nœud sinusal, situé dans l’oreillette droite ! (ah …moi mon problème se situe dans le pied droit mais bon continuons…)
L’ activité électrique du cœur peut être enregistrée par l’ électrocardiogramme ou ECG qui montre si l’ activité électrique du cœur (celui qui a  écrit ça n’ était pas gêné par les répétitions …) est synchronisée. Cet examen est capital pour le diagnostic du type d’arythmie. »

Arythmie, arythmie…on m’en donnait une belle d’arythmie !!!!
Je ne savais plus comment positionner mon pied blessé tant il me faisait mal. Et j’allais déployer une belle théorie d’agressivité quand je vis arriver lentement devant moi et rien que pour moi, un clinquant fauteuil… roulant !


                                           ( à suivre...)

Publié par little stella à 14:57:47 dans Radio médina | Commentaires (6) |

La perfection | 02 mai 2008

 

                 ...de Francine Bernaert !

Vous la connaissez maintenant. Nous sommes devenues amies.
Nous passons ensemble de très agréables moments. Sur la plage même à contrevent quand le retour de promenade se fait difficile, en médina quand nous nous laissons prendre au charme des riads, ou sur... la « place aux grains » quand nous dégustons un tajine berbère.


Je la surprends souvent au cours d' une conversation, à guetter le moment du jour où la lumière s' intensifie, faiblit, et je l' entends toujours me dire...Ah c' est vrai, je n' ai pas mon appareil avec moi !
Car ses photos, elle les prend très tôt le matin, autour de 7 heures...
Ensuite, des centaines de clichés virtuels lui traversent l' esprit, et le lendemain , je sais qu' elle reviendra, seule, sur les lieux qui lui ont parlé. Car la photographie comme l' écriture, c' est un art de solitaire.

Aujourd' hui, cette vue époustouflante de Mogador.
                                               Une carte postale, un rêve, une inspiration altière...


 

Publié par little stella à 11:55:06 dans Radio médina | Commentaires (4) |

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