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Lettres de coeur

depuis Mogador

L'Homo Sapiens Paternatus | 06 décembre 2006

                  


Je ne vous parlerai pas de Père-Noël aujourd' hui, mais de Père au Foyer, tout simplement.
C' est une note d' une grande féministe des années 70, Annie LECLERC, qui m' a mise sur la voie...
« Franchement, qu' y a-t-il de si bas, dans le travail d' une femme à la maison, pour susciter aussi unanimement votre répugnance ?
Faire la vaisselle, éplucher les légumes, laver le linge, repasser, épousseter, balayer, nettoyer les carreaux, torcher les enfants, leur donner à manger, raccommoder un pantalon usé...
Travail sombre ? mesquin ? ingrat ? stérile ? dégradant ?
Qu' en dit le travailleur à la chaîne ? le visseur de boulons ? le trieur de fiches ? le tamponneur de timbres ? la couturière à l' usine de confection ? et tant, tant d' autres ?
Mesquin ? sombre ? ingrat ? dégradant ? Un travail bigarré, multiple, qu' on peut faire en chantant, en rêvassant, un travail qui a le sens même de tout travail heureux, produire de ses mains tout ce qui est nécessaire à la vie, agréable à la vue, au bien-être des corps, à leur repos, à leur jouissance...
Ingrat , un travail où les résultats sont immédiats ? La maison prend un air de fête, le repas sent bon, l' enfant gazouille, ses fesses soyeuse à l' air, et pour une heure d' application rêveuse, un pantalon usé fera bien encore une année...
Mais, malheur, vous avez voulu que cela fût un service, du sacrifice, du dévouement et de la peine...
C' était un rare bonheur, ce travail si près de la jouissance. Il avait la valeur la plus haute, celle de la vie elle-même, ce travail si mêlé à la vie...
Ce n' est pas balayer ou torcher le bébé qui est mesquin, dégradant, c' est balayer angoissée à l' idée de tout le linge qu' on a encore à repasser en se disant que le repas du soir ne sera jamais prêt ; voir sans cesse différé le moment où l' on pourrait s' occuper des enfants, aérer l' humus de leur terre, les arroser, les porter à bout de bras, leur mettre des rires dans la voix et des questions sur les lèvres...
Ce qui est harassant, si pénible et douloureux, c' est que ces tâches, à force d' être dégradées, déconsidérées, s' accumulent entre les seules mains des femmes, et qu' elles s'y épuisent, véritablement happées dans un engrenage de nécessités auxquelles elles ne peuvent échapper.
Si ce travail était perçu à sa juste et très haute valeur, il serait aimé, il serait choisi, convoité autant par les hommes que par les femmes. Il ne serait plus ce boulet, cette oppressante, irrespirable nécessité. »
 


( Papa au foyer, de nos jours, chère Annie, c' est une réalité. De plus en plus de pères ne veulent pas que leur enfant connaisse la crèche, la nounou, la course, le remue-ménage que cela engendre. Ils ont fait le choix de cesser leur activité professionnelle pour rester à la maison, gérer leur foyer.
Encore peu nombreux en France, c' est vrai, mais"l' Homo Sapiens Paternatus" s' affirme.
Il est en train de remplacer le "Pater Familias", celui qui cousait les bouches des enfants, terrorisait les femmes et nourrissait largement les histoires de famille. Ah...le changement !
L'HSP a désormais son site : http://wwwpereaufoyer.com 
Une seule remarque encore Annie...le raccommodage est bel et bien tombé dans les oubliettes et tout ça, grâce à la Madona de la Consomacion !!!)


 

Publié par little stella à 13:36:52 dans Interdépendance | Commentaires (9) |

Douce flatterie | 20 novembre 2006



            


Bonjour Solange,


Il est étrange de constater combien je me suis attaché à votre blog.
Chaque matin , lorsque j'ouvre mes favoris , je m'interroge sur ce que je vais trouver et pour être très franc , je ne suis jamais déçu. Votre sensibilité à fleur de peau donne un grain tout particulier à vos discours.
Je me laisse porter au fil des jours par vos messages et tels les rayons du soleil je réchauffe mon coeur et mon esprit à la lecture et à la vue des photos.
Discret , je n'ose pas laisser de commentaires aux différents billets, mais je me devais de vous remercier.
J'espère que vous allez bien et que cette nouvelle vie qui commence vous apportera tout le bonheur possible et la sérénité.
Je serai tenté de vous dire : ne vous arrêtez pas sinon j'aurai le sentiment de perdre un peu de Lumière si nécessaire à la Vie.
Encore merci.
Recevez Solange toutes mes amicales pensées
Philippe.

http://assoc.wanadoo.fr/kassoumai/
http://mairie.wanadoo.fr/saint-ouen-marchefroy


( Visitez ces sites  et vous verrez qu' il y a des gens chouette sur cette Terre , des hommes de bonne volonté... pour qui le mot "solidarité" a un sens ! )


 

Publié par little stella à 12:19:36 dans Interdépendance | Commentaires (4) |

Bacchanale | 29 octobre 2006



Je me rends souvent en Savoie, ma terre d' accueil tout de suite après la Tunisie.
J' aime y aller particulièrement en cette saison...les souvenirs abondent...
Chignin, Apremont, Myans...vignes chargées, précision des gestes, journées harassantes commencées tôt le matin par une bonne soupe paysanne, courbatures, mains sanglantes, retrouvailles autour du vieux pressoir et le vin nouveau qui coulait jusque dans nos gorges...
Venait ensuite...huumm... le gâteau de châtaignes que j' aurais dégusté même sur la tête d' un teigneux !
Le temps des vendanges ...l' homme et la nature en étroite intimité, la sueur de l' un contre le don de l' autre...
Chaque année,dès le début de l' automne, mon regard se réjouissait...


" La lumière ambiante se purifiait, changeait, et la montagne savoyarde aussi. Elle se maquillait en vert, en jaune, en brun, en mauve, en rouge. Ardente symphonie, derniers feux d' une nature opulente.
Dans les campagnes et sur les côteaux, de la Chautagne aux flancs du Granier, les vignerons s' attelaient à couper, transporter, presser les raisins des précieuses vendanges. Au labeur des hommes succèderait bientôt l' ivresse des tables de fête. La terre allait rendre son dernier expir avant le grand repos hivernal."



           Un extrait de "l' Arsouille"...ici dans ce blog et
                                                                    dans le billet intitulé "Dure réalité" du 11 janvier 2OO6




 

Publié par little stella à 19:37:52 dans Interdépendance | Commentaires (9) |

Tendre la main | 10 octobre 2006

 



Au fond de nous, nous savons tous que la chose la plus importante dans la vie, est bien plus que de gagner soi-même.


La chose la plus importante dans cette vie, c' est d' aider les autres à gagner, même si cela implique... ralentir et modifier notre course.


Si tu lis ces mots, peut-être réussirons-nous à changer notre coeur, peut-être celui d' autrui également.


Une bougie ne perd rien si elle sert à en allumer une autre.


                            Alors, tu fais quoi ?


          Tu transmets ce message à ton tour ou tu passes ?




                                              ( moi, j' ai décidé de le transmettre...)


 

Publié par little stella à 21:00:31 dans Interdépendance | Commentaires (18) |

Ma petite merveille... | 24 septembre 2006




                     Ma rose des sables...toujours près de moi...



Je la dépoussière avec délicatesse...Pour me remercier, elle me sourit timidement de ses mille cristaux de gypse. Elle me raconte souvent son histoire et je dois avouer que parfois, j' ai vraiment l' impression d' entendre les vents rugissants du désert, ceux qui l' ont ciselée avec tellement de patience.


Elle est née au creux d' un lit tendre et confortable : le sable...
Le sable, son créateur, le sable, mon philosophe. Rien ne me fait plus plaisir que de laisser glisser le sable entre mes doigts.C' est doux, fuyant, excitant et chaud. Mes pensées filent avec lui...


 Sable de mon enfance, quand je le creusais ou le modelais,sable de mes petits pots dont les couleurs encrées dansent en arabesques, sable des mandalas tibétaines, qui m' éblouissent par leur beauté, leur minutie, leurs symboles pacifiques... Le sable enfin, comme grand maître d' enseignement. Liquide ou solide, conciliant à souhait, sans jamais se dénaturer.Toujours lui-même, il se coule dans la vie. Il s' adapte sans adopter, parfaitement libre. 


Chaque grain m' invite à la méditation... Qu' est-ce que la Vérité ? Une quête vaine? Une illusion? Une prétention humaine ? La suprématie d' une seule idée, d' une seule religion, d' une seule culture ou la fonte de toutes les sensibilités, de tous les credo ?  Le sable me convainc que chaque individu sur terre ne détient en fait qu' une minuscule facette de cette Vérité, et que toutes les facettes réunies peuvent donner le plus rayonnant des diamants. Imaginez cet immense joyau de connaissances qui prévaudrait, de loin, contre tous les sectarismes philosophiques.


Oui, le sable est un grand sage. Il sait que son Tout ne peut se défaire de ses milliards de cellules. Il les intègre pleinement et chacune y trouve sa place, librement. Quelle tolérance, quelle acceptation et quelle leçon ! Infiniment étendu ou infiniment petit, compact ou poussiéreux, le sable me fascine...Il peut passer de la fusion à la scission avec une audace impertinente. Son message me grandit et me fait concevoir l' inconcevable: L' Unité dans la division.


Ma rose se réjouit. J' ai dit du bien de son père...Alors, à tous ceux qui pestent en permanence contre le petit grain de sable, souvenez-vous que ce petit grain détient à lui tout seul, une parcelle de l' Univers.





                                                                  Little stella


                                            

Publié par little stella à 23:22:23 dans Interdépendance | Commentaires (16) |

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