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Lettres de coeur

depuis Mogador

Brillez sapins ! | 17 décembre 2006

                        


               Oh...quand j' entends chanter Noël
                J' aime revoir mes joies d' enfant...


...les joujoux que mon père avait fabriqués en secret dans la buanderie, le papier chiffonné de la crèche qui allait naître sous mes doigts, les petits moutons que je comptais et recomptais chaque année, le sapin aux étoiles lumineuses, les dattes farcies que ma mère préparait et...cette pèlerine noire qui m' avait drapée pour mon premier rôle théâtral.
Le berger provençal qui déclamait... « Bonnes gens, je vais vous raconter Noël...oui, je sais, vous connaissez l' histoire... » c'était moi !
Personne ne m' avait reconnue, sous mon vieux chapeau.
Une grande barbe blanche dévorait la moitié de mon visage et m' étouffait. Quant au fond de teint maladroitement étalé, il me donnait une vraie peau de cire qui devait briller à cent lieues.
Les longues heures de répétition m' avaient forgé une foi à toute épreuve mais je n' étais pas dupe.
Je devais présenter Joseph, Marie et l' enfant Jésus, à une assemblée bigarrée, à demi-crédule qui, sitôt le spectacle terminé, se jetterait sur des tables bien garnies. Je le savais déjà.
Décalage de Noël...le ronron des bonnes consciences et la réalité toute crue : les interminables goinfreries qui allaient tenir les chaumières éveillées une bonne partie de la nuit.
Personne ne m' avait reconnue, avec mon dos courbé et ma vieille canne, mais j' avais compris que la vie avait deux visages : celui que l' on montre et celui que l' on cache.
J'avais raconté une belle histoire, rien de plus. Des mots, rien que des mots accrochés au timbre de ma voix. On m' avait écoutée et on allait m' oublier !
Impermanence des situations et des vérités, faux-semblants de l' existence...
Brillez sapins, sonnez clochettes, votre éclat ne dure que quelques jours alors que moi, cette histoire n'a jamais cessé de me turlupiner.
Il y a des questionnements qui arrivent bizarrement...
Le mien aura commencé un soir de Noël, sur une petite scène surchauffée, dans un tout petit rôle.


 

Publié par little stella à 00:20:51 dans Impermanence | Commentaires (10) |

Prêtez-moi vos mains... | 16 décembre 2006

 

Publié par little stella à 00:21:27 dans Instants donnés | Commentaires (10) |

Malade | 15 décembre 2006

             
             


                     Je ris et je pleure
                    Quand mes heures de soleil
                    Se passent à l' ombre


                    Quand ton amour me leurre
                    Gave d' ennui mes réveils...
                    Me jette en décombre


                    Loin des étoiles je crise
                    Quand la nuit m' emporte
                    Dans son aube grise


                    Le vide du rien
                    L' absence en refrain...


                    Et quand dans l' église
                    Le chant me transporte
                    J' ai peur que s' éternise          


                    L' entaille de la torpeur
                    La fin de l' angélus...
                    J' en ris et j' en pleure


                    Non, je ne t' attends plus.

 

                      Solange Arcamone


                                                                                                                                                                                                              

Publié par little stella à 00:15:06 dans Intimité | Commentaires (21) |

L' espoir | 14 décembre 2006

              



                               C' est quoi l' espoir ?


La petite lumière vacillante au fond du tunnel de nos âmes quand il y fait noir, tout noir.
Edmond Rostand, l' auteur de Cyrano de Bergerac, ce personnage désespéré, nous donne un conseil fulgurant : « C' est la nuit, qu' il est bon de croire en la lumière ! »
Dans la guerre, dans le deuil, dans la souffrance de la maladie ou de l' abandon, dans la solitude et la tristesse, c' est parce que l' on sait garder l'espoir que l' on réussit à sortir du trou. C' est parce que des hommes, des femmes, des enfants ne perdent pas espoir que dans leurs heures les plus noires l' humanité évolue, comme guidée par ce flambeau invisible qui est au fond de nos cœurs.
Seulement l' espoir est comme une plante, il se cultive, il a besoin de soins : c' est la petite fleur sur son astre désert qu' arrose sans cesse le Petit Prince afin qu' elle vive et soit un témoin d' amour. « C'est en croyant aux roses qu' on les fait éclore » disait aussi Anatole France : en effet, par l' attention qu' on porte aux choses, aux êtres, aux situations et à soi-même, l' évolution se féconde, le progrès germe graduellement et la création finit par refleurir.
Mais l' espoir d' une vie meilleure ne suffit pas : il faut forger cette existence qu' on souhaite et cesser de rêver. Ce qui revient à dire qu' il faut se former soi-même. Comme le dit l' adage populaire : les choses n' arrivent pas toutes seules. Et le proverbe biblique : aide-toi et le ciel t' aidera. Vraies paroles d' espoir et de sagesse, magnifiées par cette parole du sage chinois Lao Tseu, précurseur du taoïsme : « Un voyage de mille pas commence par un pas. »
Oui, garder espoir, c' est toujours savoir faire un pas de plus, quelle que soit la détresse, quel que soit l' obstacle. En fait, l' espoir, c' est aussi la confiance que l' on a dans la vie.
Le B.A.-ba de cette œuvre de salubrité intérieure consiste à retrouver une conscience claire et donc à transformer l' énergie négative qui est en nous en énergie positive : pour cela il faut apprendre à nous détacher de nos situations conflictuelles et chimères inutiles pour les considérer différemment. On s' aperçoit alors qu' en cela, espoir rime bien avec voir et...se voir. Enfin, l' espérance se partage : il est des trésors en chaque être, il faut savoir les découvrir. Car avoir l' espoir c' est aussi savoir sourire.


                                                                                  Marc de Smedt




 

Publié par little stella à 01:00:31 dans Cosmodicée | Commentaires (10) |

Sacrée misère... | 13 décembre 2006

           


...pour une fois que tu as une chance de t'en sortir avec Muhammad Yunus !


Cet économiste bangladeshi, surnommé « le banquier des pauvres », a reçu le 13 octobre dernier, le prix Nobel de la Paix 2006, pour son combat en faveur de la lutte contre la pauvreté, au cours d' une cérémonie officielle à Oslo.
« Je crois qu' affecter des ressources supplémentaires à l' amélioration de tous les pauvres, est une meilleure stratégie que celle des dépenses en armes. » a-t- il déclaré.
Yunus partage ce prix avec la Grameen Bank, fondée en 1976, qui fournit des prêts aux pauvres, sous forme de microcrédits.
Le microcrédit est une petite quantité d' argent qui est mise à la disposition de clients à faible revenu.
C' est un des services de la micro-finance (micro-épargne et micro-assurance) dont les fournisseurs peuvent être des ONG, des groupes d' effort personnel, des coopératives, des syndicats de crédit, des banques commerciales et des banques d'Etat, des compagnies d'assurance et de cartes de crédit, des services de transport, des postes et divers autres points de vente.
Le microcrédit donne aux gens les moyens d' investir dans leur capital humain et productif de manière plus profitable, en fonction de leurs priorités.
Mais d' autres fournisseurs sont envisageables, à travers les dons personnels déductibles du revenu imposable à raison de 20%, les initiatives ponctuelles et locales comme « Kms pédalés, entrepreneurs créés » qui a enregistré au cours de l' année 2006, les résultats suivants : 15 000 kms pédalés, soit 15 000 euros démarchés qui ont été versés à InterAide pour financer un projet microcrédit à Bombay.
Un site à découvrir, celui de l' Association « Sur la route du microcrédit »
                                                             : http://www.micro-credit.fr


Avec le banquier des pauvres, le nouveau millénaire s' est ouvert sur un rêve... celui de réduire de moitié le nombre de pauvres d' ici 2015. Alors croisons les doigts !



 

Publié par little stella à 00:07:40 dans Tableau d'honneur | Commentaires (4) |

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