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Lettres de coeur

depuis Mogador

Un coeur transparent | 14 février 2007

             

                Celui de mon ami et poète racbogoss ! 

 

                          Faîtes des amours eux.

On nous casse les oreilles, le 14 février, Est un jour sans pareil, pour tous les oubliés, On nous parle sans cesse, de cette journée d' amour, Mais pour ceux qu' elle délaisse, ce n' est qu' un mauvais jour. Il nous rappelle à l' ordre, pour nous faire pleurnicher, J' ai comme envie de tordre, le cou à ces clichés, Je les vois ces amants, déplorables badauds, obéir bêtement, en s' offrant des cadeaux. Ils s'échangent des bijoux, où s' entrelassent des cœurs, Ils se font des bisous, S' offrent des bouquets de fleurs, Réservent le resto, tout doit être génial. Y'a des fondamentaux, à cette fête commerciale. Ils me font de la peine, derrière leur mépris, Ce bonheur est obscène, pour nous les incompris, Pourquoi vous incliner, misérables pantins, A vous passionner, pour la Saint Valentin ? Amour simultané, qui donc l' a décrété ?
Pour moi c' est toute l' année, qu' il faut le fêter. Mais on s' en aperçoit, pauvres retardataires, Quand on est déjà soi simple célibataire.

                                Ici, au Maroc, pas de Saint Valentin...tu serais heureux rac !!

                        Son site, pour vous régaler de son talent : http://racbogoss.blogg.org

 

Publié par little stella à 13:16:35 dans Confidences | Commentaires (2) |

Vivre au bled | 12 février 2007

                    

                         J' ai passé un dimanche à la campagne...
Dans cette campagne époustouflante de beauté, à une centaine de kilomètres de Safi.
La route s' allongeait entre les terres ocres et fertiles, dans la douce chaleur d' un printemps lumineux.
Les forêts d' arganiers et d' oliviers se disputaient le paysage. Collines verdoyantes, premiers labours...Les champs de blé dardaient leurs épis encore fragiles ; les dernières pluies avaient accéléré leur croissance.
Il n' était pas rare de croiser des agriculteurs à dos d' âne, revenus d' un souk proche où ils avaient pu vendre quelques productions locales.
Puis le bitume céda la place à un sentier de muletier. On entrait au cœur des traditions villageoises.
Bâtisses de pierres, rectangulaires, sommaires, au toit invisible. Je pensais qu' elles avaient été abandonnées.
Mais non, la vie en autarcie existait bel et bien derrière ces semi-forteresses.
Très souvent, un réduit-écurie, un silo à grains, une resserre pour les fruits et légumes et un poulailler mal défini qui laissait les volatiles libres de vaquer n' importe où.
Nos hôtes nous attendaient dans la cour principale de leur habitation. Touchante rencontre avec de vrais autochtones, sous l' arôme du basilic sauvage.
Je remarquai d' emblée l' emplacement du puits, non loin de la pièce centrale où coussins et tapis allaient nous inviter à une belle convivialité.
Quatre personnes vivaient ici : les parents et leur fils de quarante ans nouvellement remarié mais qui paraissait beaucoup plus vieux.
La jeune épouse, elle, d' une vingtaine d' années, attendait son premier enfant.
Ses grands yeux bruns lançaient je ne sais quoi de pathétique. J' appris son histoire.
Scolarité précaire qui l' avait maintenue longtemps sous le joug d' un père très autoritaire. Une seule fuite possible : le mariage !
Elle reçut la visite des femmes de la future belle famille...
Oui, elle était sérieuse, jolie et elle convenait bien ; les accords furent conclus, les noces dansées.
Une seule ombre au tableau : Fatma s' était mariée sans amour, à un homme un peu rustre,  maraîcher mais aussi berger, de vingt ans son aîné.
C' était donc ça que j' avais lu au fond de ses yeux. Une tristesse...comme un regret profond, face à ces européennes qu' elle rencontrait aujourd' hui, libres de leurs faits et gestes, cheveux au vent et sourires convenus.
La brue parlait peu à sa belle mère. Elle n' aidait ni au ménage, ni à la lessive, ni à la cuisine.
Son caractère avait même changé...la grossesse en était certainement la cause.
En fait, sa vie au bled l' effrayait . Elle allait connaître toute la lourdeur de la pression familiale, de l' ennui, des non-dits, des journées interminables, des nuits sans joie, autant dire la prison sans barreaux. Son mari s' épuisait aux champs et elle, entre ses murs.
Ce n' était pas vraiment ce qu' elle avait souhaité.
Son rêve ?
Faire la pute aux portes du désert avec des touristes qui seraient toujours plus friqués qu' elle.

 

Publié par little stella à 13:00:55 dans Radio médina | Commentaires (2) |

Un commerce équitable | 11 février 2007

      ( Sur le port, le marché à la criée...une de mes photos )

Ce qui me plaît ici, c' est la ligne directe que j' explore tous les jours, celle qui va du producteur au consommateur.
Pratiquement pas d' espaces mobiliers, et surtout pas de supermarchés.
La grande distribution ne s'est pas encore montrée en Essaouira.
Tout se traite chez les artisans, dans de petites boutiques, sur l' étal du poissonnier, sur le billot du boucher, dans l' atelier du potier ou sur le tapis du marchand de menthe.
Matelas, meubles, rideaux, objets de décoration...peuvent se négocier directement avec le tisserand, le tailleur, la couturière, le menuisier, le forgeron, les intermédiaires n' existant pas.
Une foule de petits métiers très agréables à redécouvrir.
Et tout le monde y trouve son compte ! Le commerçant, le plus souvent "arrangeant" dans le but de garder sa clientèle et de la développer, l' acheteur, pour qui tout sera fait sur commande et sur mesure et qui aura toujours l' impression d' avoir réalisé de bonnes affaires.
Même processus pour l' alimentaire. Les petits agriculteurs vendent fruits et légumes à bon prix sur les marchés ou à la charrette. Une entente cordiale généralisée dans une économie locale très dynamique.
Que du contact, des échanges et des sourires...ce qui se fait bien rare pour ne pas dire inexistant dans nos grandes villes françaises, truffées de Carrefour, d' Auchan, de Champion et de discount en tout genre.
Produits intouchables, emballés et sur-emballés, consommation à outrance, faciès stressés par la montre, queues interminables aux caisses, froideur relationnelle, fausses promotions, publicités mensongères...que des mauvais souvenirs qui sont loin de me faire penser que j' ai fait partie des " clients-rois !" 

 

Publié par little stella à 12:15:15 dans Radio médina | Commentaires (2) |

De la terre et des hommes | 10 février 2007

                La poterie la plus réputée au Maroc...

                        celle de SAFI...j' adore !

   Des trous de lumière sous forme d' étoiles et de lunes...
                                                      une poésie qui fait craquer !

 

Publié par little stella à 12:05:02 dans Radio médina | Commentaires (4) |

Nettoyage de printemps | 09 février 2007

                  


Hier matin, j' ai voulu faire un tour sur ma terrasse pour voir si le maçon avait bien rempli de ciment le pied du parasol.
Trois étages à grimper...dans l' inondation la plus totale !!
Une eau savonneuse se déversait dans les escaliers à gros bouillons.
Affolement immédiat. Ma voisine devait avoir oublié de fermer les robinets de sa baignoire...à moins que ce ne soit sa machine à laver...
Je retrousse le jean, monte en cigogne et arrive péniblement devant sa porte.
Je frappe assez fort, j' appelle ...
Madame...ouvrez s' il vous plaît !...
Un petit homme gris, en jogging, apparaît. Je lui dis dans ma confusion :
Vous avez un problème de fuite ? L' eau coule jusqu' en bas ...
- Non, on fi li minage...ah...ah.. ! ( il se marrait )
- Ah bon...excusez-moi...
Il a refermé sa porte et je m' en suis retournée sur la pointe des pieds, évitant de justesse de me retrouver en bas plus vite que je n' étais montée !
Bigre ! C' était un sacré ménage !! L' eau ruisselait sur deux étages et passait maintenant sous la porte de la montée pour terminer dans la rue .
La chasse au gaspi...ici...on ne connaît pas. Faudra quand même que je prenne au plus vite une assurance multirisque habitation.

            Quand à la désertification du pays, j' veux plus en entendre parler !


 

Publié par little stella à 12:47:40 dans Radio médina | Commentaires (4) |

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