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Hier...lever aux aurores avec le chant du muezzin,
départ d' Essaouira-Mogador à 7 heures.
Un crachin capricieux mais obstiné arrosait la campagne environnante et lui accordait le renouveau attendu.
Le car entamait la route de Marrakech. Splendeur des mimosas qui étiraient leurs branches chargées...
Puis assez vite, changement de direction vers Casablanca.
A l' intérieur, euphorie d' une dizaine de femmes de notre atelier de couture, âgées de 19 à 60 ans. Souvenez-vous de mon billet du 7 décembre dernier...
Elles avaient pris part au projet d' excursion qu' elles voulaient offrir à leurs intervenantes en Français.
Touria, leur responsable, a toujours mené son équipe avec tact et respect.
Confiance et bonne humeur se lisaient donc sur tous les visages.
Moins de heures après et soixante kilomètres plus loin, arrêt programmé à Talmest.
Il pleuvait toujours, et c' est par des ruelles boueuses que nous sommes arrivées au marché. Sous des tentes de bric et de broc, de pieux et de bâches en plastique, la vie grouillait. Les maraîchers locaux exposaient leurs superbes légumes tout en côtoyant les marchands d' épices, de salaisons, de fruits secs et de pâtisseries marocaines.
Les couturières se concertaient, choisissaient les produits, soupesaient le montant des dépenses. Puis, leurs recherches les ont conduites à la zone des bouchers.
Et là, franchement, à la vue des peaux de mouton sanguinolantes qui jonchaient le sol mouillé, et à l' odeur insoutenable des tripes suspendues en guirlandes au-dessus de nos têtes, j' ai failli craquer et de la pire des façons. Mon estomac était prêt à tout rendre, même la tasse de café noir avalée en vitesse au petit matin. Chochotte va ! Josiane se marrait...
Le nez pincé et la bouche cachée derrière mon écharpe, pratiquement en apnée, je suivais le groupe comme je pouvais, dégoûtée par tant d' horreurs et résolument décidée à devenir végétarienne. Enfin, les courses terminées, nous avons quitté ces abattoirs.
Un sentier tortueux m' a rendu mes couleurs. Oxygène salvateur, comme d' ailleurs le spectacle paisible ici d' une végétation généreuse, de champs de blé naissants, de colza et d' oliviers.
Une copieuse collation m'a remise complètement sur pieds. Saïda, Jamila, Nouranouda, Chadia, et Radija ont sorti de leurs sacs, zitounes noires, beurre salé, beignets, cakes maison et galettes de pain. Elles ont même installé des coupelles d' huile d' olive sur les deux tables que nous occupions au fond d' un petit café rapidement déniché. Le thé au chibba et nanah moussait dans les verres et la séance photos a fini par animer le cœur de chacune.
En fait, notre vraie destination était Abdejlil, à 4 kilomètres environ de Talmest.
Des carrioles bringuebalantes, tirées par des chevaux malingres, nous ont amenées jusqu' au bout d' un long chemin de terre. Fous rire en cascade et récompense. Le vieux village séculaire nichait entre ses collines verdoyantes. Attachant et pittoresque, dès le premier regard.
Touria nous a conduites dans une maison d' hôtes, ouverte jour et nuit. Sur place, matelas de mousse, plats, marmites et kanouns.
Alors sous nos mains pressées, les oignons ont été laminés, les petits pois écossés, les patates coupées, les tomates tranchées, le gigot d' agneau lavé à l' eau de source.Tout cuisait lentement, dans une alchimie de paprika, de coriandre, de safran et de cumin, sur les cendres vives...On avait le temps d' aller visiter les alentours.
L' oued nous a attirées immanquablement dans son canyon d' ocre. A faible régime, il serpentait au milieu de ses alluvions peuplées de joncs et d' herbes fleuries.
Les plus jeunes n' ont pas hésité. Foulards et djellabas abandonnés, corps de peau blanche subitement offerts au courant. Cris de joie, d' extase, hammam en plein air...Les seins nus pointaient sous les éclaboussures froides et les cheveux fraîchement délivrés jouissaient sous leur éclat d' ébène. Josiane et moi, l' émotion nous bâillonnait. Tableau surréaliste!
C' était... Delacroix re-visité, ses Femmes d' Alger dans une liberté reconquise, dans une sensualité insoupçonnée.
Comme des gamines, ces naïades s' amusaient, profitaient de l' instant présent, rendant à leur jeunesse l' insouciance qu' elles étaient en droit d' exprimer.
Un peu plus tard et de retour au gîte, un autre partage de saveurs nous attendait.

Le tajine! Fumant, humé et délicieux... Il a scellé notre amitié d' une manière irréversible. Danses et "you-you" ont suivi autour d' un transistor prêté pour la circonstance...Habibi, habiiiiibi...c' était la fête !
Une nouvelle intimité brillait dans nos yeux.
Publié par little stella à 01:48:09 dans Radio médina | Commentaires (14) | Permaliens
22-03-2008 20:08
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17-03-2008 18:26
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29-02-2008 23:15
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29-02-2008 21:36
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conversations de nanas
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De little stella
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26-02-2008 19:26
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C'est super
25-02-2008 19:08
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24-02-2008 20:26
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