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Lettres de coeur

depuis Mogador

Au clair de lune | 30 novembre 2006

          



                                     



                              La nuit, tous les hommes sont gris,
                              La lune, elle, l' a bien compris...




                                    Ils sont petits, ils sont fourmis...
              amis ou ennemis, défleuris, punis, bannis, endurcis, raidis, finis,
              momies enfouies, endormies dans leurs brumes crépies de...
                                    rêves éblouis...
                                  


 

Publié par little stella à 19:07:12 dans Etat d'âme | Commentaires (9) |

Cher BLED ! | 30 novembre 2006

                    
       Qui a dit que nous t' avions mis de côté ?

 Pas les enfants...ils te gardent toujours au fond de leur cartable
Pas les parents...quel secours tu leur apportes pendant les affres de la dictée préparée !
Pas les enseignants, tu étais presque devenu leur livre de chevet...
Alors qui ? Quelqu' un loin de la cour des petits comme de la cour des grands d' ailleurs, quelqu' un comme...un ministre bien sûr !
Sur un éminent conseiller, voilà que notre cher Ministre de l' Education Nationale, nous conseille de revenir aux bonnes leçons de grammaire ! C' est sa dernière panacée sortie tout droit de son chapeau !
Mais moi, ex-enseignante, j' en ai toujours fait de la grammaire, avec des objectifs précis , arrêtés par cycle, puis par classe, après de multiples concertations entre maîtres.
Sujet, verbe, fonctions des mots dans la phrase simple, puis dans la phrase complexe avec l'apport des adjectifs, des pronoms personnels et des propositions relatives, infinitives, circonstancielles.
Grammaire , conjugaison, orthographe, vocabulaire, expression écrite, des apprentissages hebdomadaires de cinq heures en moyenne, oui, Mr le Ministre, c' était notre rythme et conforme à votre Commission des Programmes! C' est un comble de ne pas savoir ce qui se passe réellement dans votre maison !!!
Les enseignants ont une immense force... La force d'inertie qui les fidélisent à certaines méthodes d' apprentissage de la langue de Molière , celles qui ont toujours fait leurs preuves, dussent-elles être qualifiées de ringardes !
Apparemment, vous leur donnez raison aujourd' hui.
Vous dîtes pourtant  que les jeunes ont de nombreuse lacunes... Est-ce seulement la faute à l' école...quand le monde de la télé, des téléphones portables et des consoles de jeux polluent le quotidien de nos élèves ?
Joli bouc émissaire que l'école! Arrêterons-nous enfin de l'affubler de toutes nos culpabilités ? Apparemment votre discours, Mr le Ministre, ressemble fort à un coup d' épée dans l' eau !

 

Alors ...BLED ...Bouquin Lumière pour Elèves en Difficultés ? Non, non...

 

          BLED...Blague Lourdingue Eminemment Derobienne

 

          L' efficacité de notre Ministre n' est plus à prouver... 

 


         

 

      

Publié par little stella à 01:42:10 dans De l' Education | Commentaires (6) |

Q... en délire ! | 29 novembre 2006

Au centre de Chambéry, se dresse un monument inscrit dans le cérébral de tous les savoyards : les 4 sans Q !
Pas en cul de sac, non, sur une belle artère, et pas fréquentée seulement par des faux-culs ou mouille-cul...poil au c... !!
Non, non, que des boutiques élégantes, des bars sympas où vous pourriez boire une bonne gnôle à la poire, cul sec, même le cul assis entre deux chaises !
Qu' une seule bagarre dans mes souvenirs, à cul de bouteille...pas glop, pas glop...comme dirait mon ami Jean-Baptiste.
Et si vous pressez vos pas vers « Le tonneau », alors là, le chef superbement toqué sortira de son cul de poule, mille douceurs pour votre palais, comme ses blancs en neige aux copeaux de sapin... et ce n' est pas sa confiture gratte-cul qui vous fera fuir, croyez-moi ! A déguster plutôt sous le halo romantique d' un joli cul de lampe...
Oui, la rue de Boigne a un charme fou, surtout en ce moment avec ses guirlandes multicolores et ses pères-noël alpinistes, sans cul à l' air, bien entendu.
Comme vous voyez, une humeur cul-cul ce matin...et tout ça, à cause de quatre pachidermes inaltérables au temps, ayant eu l' extrême délicatesse de cacher leur t... du c... !

                           

                    

Publié par little stella à 11:25:19 dans Surprenant | Commentaires (3) |

Ambiance baroque... | 28 novembre 2006

           



                          ...pour ce soir...



                    'Lascia ch'io pianga' de RINALDO ( Haendel )
                     interprêté ici par Maria Bayo...




 

Publié par little stella à 20:06:47 dans Instants donnés | Commentaires (5) |

Explorateur d'âmes... | 28 novembre 2006

              


                     ...Philippe CLAUDEL !

Je viens de relire « Les âmes grises » et à chaque fois, c' est le même passage qui m' arrête et me surpend...


Fantin détestait mon père. Celui-ci le lui rendait bien. Deux fous dans un village fantôme, à s' invectiver par-delà les ruines, à se jeter parfois des pierres comme des gamins aux fronts ridés et aux jambes torses. Tous les matins, avant que le jour se lève, Fantin Marcoire venait baisser son pantalon et chier devant la porte de mon père. Et tous les soirs, mon père attendait que Fantin Marcoire soit couché contre le flanc de sa vache pour en faire autant devant sa porte.
Cela a duré des années. Comme un rituel. Une forme de salut. La politesse du bas-ventre. Ils se connaissaient depuis l' école. Ils se haïssaient sans trop savoir pourquoi depuis ce moment. Avaient couru après les mêmes filles, joué aux mêmes jeux, éprouvé sans doute les mêmes douleurs. Et le temps les avait creusés comme il creuse le corps et le cœur de tous les hommes.
« Alors, il est mort ?
- Bien mort, père Marcoire...
- Le salaud, me faire ça !
- Il avait l' âge.
- Ça veut dire que je l' ai aussi ?
- Le fumier, me faire ça à moi ! Qu' est-ce que je vais devenir maintenant ?
- Vous allez partir, aller ailleurs, Père Marcoire.
- T' en as de bonnes, morveux, aller ailleurs...T' es aussi con que ton père ! La charogne ! à croire qu' il était venu sur terre rien que pour m' emmerder...Qu' est-ce que je vais devenir ?..Tu crois qu' il a souffert ?
- Je ne crois pas.
- Même pas un peu ?
- Peut-être, je ne sais pas, qui peut savoir ?
- Moi, je vais souffrir, c' est sûr, je sens que ça commence déjà, le salopard... »

  ( « Les âmes grises » récompensé par le Prix Renaudot 2003)



                                            Vous en connaissez, vous, des salopards ?


 

Publié par little stella à 09:33:22 dans Tableau d'honneur | Commentaires (6) |

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