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Lettres de coeur

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Epilogue | 20 janvier 2006

                 Cet été 88...


alors que Marianne commençait à quarante ans une formation d' esthéticienne, j' exportai "mon deuil" à Palma .


Sabine y possédait une maison de village, peu confortable mais si émouvante avec son minuscule jardin et son unique citronnier.Elle aimait y réunir ses amies, au mois d' août. Lina et ses deux filles furent de la partie, bien sûr !


Chaque matin, entre le puits et le vieux four, sur la grande table, bols de café et tartines de miel nous remettaient sur pieds.


Longues journées sur les rivages de Majorque...Beignets et châteaux de sable... en famille !!


Pour moi, retranchements solitaires, jours trop blancs, plages trop vivaces, vagues...à l' âme...flux et reflux... d' amertume .


Chaque soir, après le coucher des "petites", sous les flammes des bougies et dans les odeurs de citronnelle, les "grandes" parlaient, encore et encore, librement . Elles s' écoutaient, se conseillaient souvent, se guérissaient même, sans hôpital, sans prescription d'ordonnance .


Douce médecine qui soignait tout : la tête, le corps et l' esprit ! Aveux et confidences...sans jugement, sans condamnation .


Sabine s' éloignait de Bruno, Lina n' arrivait pas à briser les ailes de son merle, et Sosso jouait sa nouvelle partition sur le mode du ...courage .


 Elle le prenait partout, dans les yeux " des filles"...dans les livres et dans ces lignes de Khalil Gibran...


" Si vous cherchez à cacher vos soucis ou à dissiper vos craintes pour libérer ainsi votre esprit,


Sachez que vous-même les avez choisis avant que vous ne les ayez subis, et que le siège de votre frayeur est dans votre coeur et non point dans la main de celui qui vous fait peur.


En vérité, tout ce qui se meut en vous est dans une constante semi-étreinte : ce qui vous réjouit et ce qui vous terrifie, ce que vous haïssez et ce que vous chérissez, ce que vous désirez saisir et ce que vous cherchez à fuir.


Vos actes sont des jeux d' ombres et de lumières en couples enlacés . Toute ombre se dégrade, se fond et se meurt à l' arrivée d'une lumière, et toute lumière qui s' attarde derrière ses lisières devient alors une ombre pour une autre lumière .


Ainsi en est-il pour votre liberté, dès lors qu' elle se désenchaîne, devient elle-même les chaînes d' une plus grande liberté . "


           Majorque ...refuge de libertés pour George Sand et Musset...


                          Pour moi ... terre de Géricault !


Dans les recoins de mon coeur, je cherchais le sens de ma vie .


                                              Solange Arcamone


 

Publié par little stella à 12:00:54 dans Arsouille ! | Commentaires (0) |

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