Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Lettres de coeur

depuis Mogador

<< Symphonie pathétique | Le mal être ... | Epilogue >>

Le mal être ... | 19 janvier 2006

A son "carpe diem" allait faire écho "mon requiem" ...

Je riais sans rire, je mangeais sans goût, j' entendais sans écouter, je marchais sans vie .

                           Poupée cassée...désarticulée...

Le temps pétrit mon chagrin à coups de larmes et de "jamais plus !"...le laissa reposer .

Sur les terrasses du Splendide, la glycine tardive embaumait et ses grappes élégantes tombaient en rideau d' améthystes. Les rosiers se déclinaient en jaune, en rose, en pourpre, et dans le bassin, une myriade de petits poissons frétillait autour de Neptune .

Beautés qui ne m' enchantaient plus ...

La sinistrose avait remplacé l' osmose. Pierre me faisait souffrir et moi, je me faisais honte .

Qui étais-je exactement ? Qu' une mosaïque, aux multiples facettes...

 Forte et faible, brave et lâche, magnanime et décevante, sérieuse et téméraire... Comment devenir une autre ? Comment ne plus trébucher ? Où se trouvait ma "voie du milieu ?"...

Entre mes failles et mes extrêmes, j' ignorais où elle se cachait . En guise de bonheur, je n' avais qu' un purgatoire . J' avançais sur mon chemin de sagesse, les yeux bandés .

Je quittai mes élèves sur un trente juin radieux...

Les "bonnes vacances maîtresse !" fusaient partout, dans la cour comme au portail de l' école .

Enfants affectueux, parents reconnaissants avec leurs bras chargés de fleurs . Moments d' émotion...toujours .

Gladys était déjà partie au Grau du Roi, avec les parents de Delphine, sa grande complice. Sa carte me fit plaisir ....

                         " Bonjour maman !

 Nous sommes allés au restaurant chinois. J' ai pris des rouleaux de printemps enroulés dans de la feuille de salade et de la menthe. C' était délicieux! Nous avons visité Aigues-Mortes...Cette ville te plairait, j' en suis sûre !

                Gros bisous -  Gladys  "

Elle venait de terminer sa cinquième, faiblement. La mer la ravigoterait .

A la mi-juillet, j' avais un autre signe, tout aussi agréable...

     " Hello !

Grosses bises de Bourne où mes vacances s' annoncent excellentes. Le temps est au beau et ma famille anglaise très sympa. Je suis en "immersion" totale, mais je me suis débrouillé pour voir certains camarades tous les jours. Heureusement, sinon le début du séjour aurait été difficile ! Ce soir, je suis invité au mariage de Linda, la fille de Mr and Ms Brown. Je leur ai acheté une bouteille de Chartreuse...ça a été dur, mais je l' ai tout de même trouvée !

J' ai oublié de te dire que Bourne est un coin perdu, à 15O km au nord de Londres. C' est Chignin en un peu plus grand...

Sur ce, je te dis à bientôt .    Lucien "

Il se destinait à la restauration...sa grande vocation... et s' était inscrit à Lyon, dans une école hôtelière .

Cartable fermé, cahiers rangés, j' avais du temps libre à revendre .

Dans le calme du "terrier", je pouvais disséquer l' ambiguité de l' Arsouille.

Libre penseur, il vivait en fait, sans contraintes, sans déterminisme, profondément croyant en sa doctrine :

 " Je peux donner beaucoup mais il ne faut pas m' accaparer" .

Ses joies et ses peines, il les glanait, en bon "soixante-huitard", sur la route périlleuse de la vraie liberté, celle d' où l'on sort parfois malheureux .

Ses regards ne mentaient pas . Il en avait des gais et des tristes, des lointains et des proches, des violents et des doux ...des durs et ...des fous.

Sa crise de comportement, c' était le stigmate de ses angoisses existentielles. Ses tumultes, la rançon de sa gloire. Il les surmontait à sa manière, en se forgeant un nouveau destin.

La Saint Valentin le rendait maussade . L' Amour finalement, ne lui avait-il pas tourné le dos ? Pierre craignait par-dessus tout l' isolement. Il le combattait, chez lui, avec trois téléphones et un répondeur automatique . 

Travail, réunions, conférences, formations, déplacements en France ou à l' Etranger ... sa vie tournait comme un manège, grisant, incessant, avec ses hauts et ses bas .

Mais la mort rôdait. Elle lui accordait un sursis...s' il le méritait !

Qu' en avait-il fait ? Un hymne à la vie ! Quel engagement !  

 Chevalier à "coeur ouvert", il faisait rêver ces dames, sans jamais de fiançailles, sans jamais d' épousailles ...

Il réalisait à lui tout seul, la Sainte Trinité des Temps Modernes :

                   Epicure, Socrate et Casanova .

                            ( à suivre )

                                             Solange Arcamone 

                    

                                             

                            

Publié par little stella à 13:11:41 dans Arsouille ! | Commentaires (0) |

Ajouter un commentaire

Nom :
Email :
Url :
Sujet :
Texte :
Code :
si vous n'arrivez pas à voir le code Cliquez ici

Tous les derniers titres