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Elle m' invita, avec Gladys . Nos deux filles s' entendaient bien .
La station de sport d'hiver vivait ses derniers jours d' ouverture . La saison se terminait .
La montagne ne s' était pas encore dévêtue. Les neiges floréales avaient embelli son manteau blanc .Â
 C' était si bon de se laisser glisser sur les pentes immaculées, de respirer à pleins poumons ...
 J' offris à notre petite équipée le plus beau "soleil" de ma carrière de grande sportive ! Une nappe de terre m' arrêta net dans ma descente...Je me retrouvai les deux skis en l' air !...Après la peur, le réconfort...On se marrait toutes les quatre !
Un soir, nous avions invité Pierre. Avec son sens inné de l' orientation, il repéra sans problème le petit châlet de location .
" Notre phénomène" arriva vers dix-neuf heures, à l' heure dite .
 Sa 2O5 GTI avait assuré . Les virolets savoyards n' allaient quand même pas l'impressionner ! Bruno, le chéri de Sabine l' accompagnait. La route l' avait retourné et pour cause !
L' accueil fut chaleureux. Pierre s' extasia sur nos bonnes mines . En effet, bien colorées, bien reposées, nous avions l'intention de vivre au mieux cette soirée qui tombait à pic . Je pensais tenir le coup ...
 Les crêpes salées, sucrées, re-salées, re-sucrées, scellaient mon nouveau pacte d' amitié avec l' Arsouille . Il était égal à lui-même .
Plein d' humour, ravi, attentif... coopérant aussi quand il manquait quelque chose à table et qu' il fallait se lever. A l' aise partout, tout l' temps ! Il pétillait...Encore une situation qui l' aguichait, en "bon copain" !
Je ne le regardais jamais. Ma chute du matin n' alimentait que trop la conversation... Â
Le "bergeron" remplissait nos verres, déliait nos langues et nous détendait . Calembours, plaisanteries, oeillades avec Sabine ...La bonne ambiance !
 A la fin du repas, la grolle passa sous nos nez, agile et guillerette.Â
L' orange, la cannelle, la gnôle et le vin chaud devinrent de puissants sortilèges ! Nous baignions tous les six dans un amour dilaté, une sorte de communion des saints autour de son chef suprême : Saint Pierre !
Le temps passa vite. La nuit avançait. Nos invités pensaient à rentrer. Nous étions en pleine semaine et dans quelques heures ils reprendraient leur travail . Bises et derniers sourires les accompagnèrent à la voiture .
Pierre s' approcha de moi, prit mes mains et les serra fort . Ses yeux me fixaient et je ressentis entre nous ...un lien infini...Il était moi...et j' étais lui...sur la pellicule de l' éternité . Plus rien ne nous séparait. Trop brève illumination ...
Bruno s' impatientait . Le démarrage du moteur et la lumière des phares marquèrent leur départ . La GTI disparut rapidement. Elle dévorait les virages dangereux les uns après les autres . J' entendais le crissement de ses freinages dans le grand silence montagnard . L' Arsouille faisait corps avec sa 2O5. Il claironnait souvent ..." Je suis comme elle, je fonce ! " Et il fonça .
La frustration rejaillit, mes tourments aussi . A nouveau l'abandon puis le désir de disparaître .Â
Mes pas tremblants me guidaient à  l' aveuglette , dans le noir, la gorge serrée . Je me fustigeai..."
"Arrête, tourne la page...Tu vas en crever...Passe à autre chose ! Tu croyais quoi ? ..."Â
Mes pieds portaient un corps perdu, sur une route qu' ils ne voyaient plus.
                                ( à suivre )
                                       Solange Arcamone
Â
Publié par little stella à 19:29:44 dans Arsouille ! | Commentaires (4) | Permaliens
17-01-2006 20:51
De little stella
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17-01-2006 20:43
De little stella
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17-01-2006 19:48
De sidaléane
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17-01-2006 19:35
De Volcane
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